In Memorum : hommages à Julien Philippe


« J’aurai l’air d’être mort, mais ce ne sera pas vrai »
Le Petit Prince
Antoine de St Exupéry.

Julien Philippe s’est éteint au matin du jeudi 13 juillet 2017 à l’âge de 92 ans. C’est une figure emblématique, un maître de l’Orthodontie moderne qui nous a quittés et que, tous ensemble, sa famille, ses amis et ses confrères remercient pour les attentions et l’enrichissement qu’il leur a apportés.

Pour tous, la peine est immense. Comment évoquer la disparition d’un être cher sans que les larmes ne montent aux yeux ? Pourtant, il reste tellement vivant dans notre coeur et dans nos souvenirs.

Clinicien hors pair, enseignant écouté, scientifique considéré, auteur respecté pour ses travaux et pour ses avis autorisés, pour ses publications, pour ses conférences et pour toutes ses contributions, il a fait le tour de notre spécialité orthodontique avec l’ensemble de ses convictions dénuées d’idéologie,
mais avec un sens aigu de l’équilibre des concepts et de la mesure. Il a construit ses analyses sur une connaissance large et documentée de ses dossiers, doublée d’une courtoisie élégante qui prenait en compte le respect de ses contradicteurs : dispensateur d’idées novatrices et casseur de préconceptions, il a présidé la Société Bioprogressive Ricketts (SBR) et la Société Française d’Orthopédie Dento-Faciale (SFODF) dont il est devenu pour l’une et l’autre de ces sociétés scientifiques l’un des Présidents d’honneur
– cinq Présidents d’Honneur en 100 ans pour la SFODF ! Il a été l’un des fondateurs de la Revue d’ODF et son premier rédacteur en chef. Il a apposé sa signature comme Président de la SFODF pour la réunion des sociétés scientifiques, dans le cadre de l’Association Dentaire Française (ADF). Ce sens de la confraternité et du consensus l’ont conduit à créer la Fédération Française d’Orthodontie (FFO) en regroupant 12 sociétés orthodontiques. Les Journées de l’Orthodontie (JO) ont pu ainsi se construire à partir de la « petite session d’automne de la SFODF » qui s’est fondue dans les JO. Toujours à même de préparer l’avenir, il a créé le Cercle d’Étude et de Prospective Orthodontiques Garancière (CEPOG).

Plus récemment, il a rejoint la Société d’Histoire de l’Art Dentaire dont il disait : « Parce qu’ouvrir le passé, c’est accéder à des richesses qui appartiennent à notre profession, parce que l’histoire de l’orthodontie commence toute petite sur quelques dents “tordues et penchées”, puis se hisse jusqu’à la prise en compte de toute la face, de sa croissance, de sa santé et sa beauté, devenant ensuite une histoire merveilleuse, comme le sont toutes celles qui montrent la victoire de l’ingéniosité et de l’esprit. »

Les obsèques d’un ami, a fortiori celles d’un proche, sont des moments de recueillement et de tristesse qui permettent de se souvenir de la beauté d’une âme.

Toutes nos condoléances, celles de nos abonnés et de nos confrères, vont à Maureen, son épouse, et à Anne, Jean-Marie, Marie-Cécile, ses enfants, ainsi qu’à toute sa famille. Les peines partagées et le deuil qui commence inscrivent à jamais dans nos coeurs le souvenir toujours vivant de Julien Philippe, comme le souligne Antoine de Saint Exupéry dans « Le Petit Prince ».

Julien a été mis en terre sur une valse de J. Brahms opus 39 n° 15 et le poème Harmonie du soir de C. Baudelaire, avec beaucoup de tristesse, de douceur et quelques souvenirs comme il le souhaitait.

Alain Béry
Directeur de la rédaction

Guy Bounoure
Président de l’ARODF